Trop ou pas assez ?

Publié le par Argo

A peine rentré en France, remis du décalage, horreur ! On n’entend qu’une clameur, immense, la même assertion « On voit que Sarkozy », ponctuée, selon la tendance politique, par « Trop c’est trop » ou « Laissez le tranquille ». L’heure est à la fermentation, au réchauffement des esprits. Mais on peut quand même pas lui fixer un quota d’émissions, comme pour le CO2. Plus de six Français sur dix estiment que les médias sont dépendants du pouvoir politique, selon un sondage LH2 publié dans l'édition de mardi de Libération. Mazette ! Mais alors, comment ça marche l’information de nos jours ? Tiens, deux exemples.
 
25 septembre 2007, Sarkozy est à l’ONU. En septembre, la France préside le conseil de sécurité. Nicolas est venu chercher l’exploit médiatique. Il a concocté un formidable discours appelant les Nations Unies à fonder un « nouvel ordre mondial », un « New Deal écologique et économique ». Rien que ça ! Un morceau de bravoure politique. Kennedy et Villepin vont en faire la ola du fond de leur tombe. Comment ça ! Il est pas mort Villepin ? Chapeau, il a sa place dans la grotte, à Lourdes… Ou dans 5 ans, à l’Elysée.
Au passage, Nicolas demande qu’on modifie le calendrier des votes de l’ONU, et en particulier celui de la résolution sur l’envoi de forces Européennes au Tchad et en Centrafrique. Il préfère que ce vote ait lieu lors de la séance qu’il doit présider, l’après midi du 25, en point d’orgue à son discours. Refus catégorique des chefs d’états africains. Ils œuvrent à cette résolution depuis des mois et ne tiennent pas à ce que le chef d’état Français s’en attribue le mérite. Hors de question pour eux de contribuer à tresser la couronne médiatique Sarkozienne. L’ONU c’est pas TF1. Ils ont gain de cause, la résolution passe finalement en matinée du 25, à l’unanimité, comme prévu, discrètement.
L’incident gâche un peu le mirifique discours du président Français, l’accueil est frais. Suite à ça, sa majesté Nicolas 1er décide de faire interdire aux journalistes étrangers l’accès à la conférence de presse qu’il donne. Quand on vient d’asséner en séance « l’ONU est le seul lieu au monde où tous peuvent se parler », ce genre d’agissement prête au minimum à sourire.
On demande son passeport à une journaliste libanaise publiant en Français. Pas Française, circulez ! Tollé général des organes de presse (indépendants)… Cris de silex sur les couteaux. Plainte officielle de l'association des correspondants des Nations unies auprès du bureau du premier secrétaire. Depuis la création de l’ONU, c’est une première. Jamais aucun chef d’état n’avait osé, pas même Bush. Le chef de la diplomatie Française se fait réprimander vertement mais rien n’y fait. Tous tricards… Embargo sur la conférence, French media only ! Haro sur la presse étrangère. La France est un état souverain. Na !
 
Rentré en France, je cherche la trace de cet incident dans nos indépendantes gazettes. Rien ! Ou si peu… Je perplexe. La télévision ? Encore moins ! Pas un écho de la calapiteuse campagne Onusienne. Quelques papiers élogieux… Des épîtres courtisanes par tout le royaume franc, à droite, à gauche, tous bien pions d’un même système, flatteurs accrédités, flagornants à pleins tubes cathodiques... Relents de berlusconisation ? Beurk !
 
Jeudi 18 octobre 2007, nouvel épisode du feuilleton « Starko Trek »… La masse moutonnière des espèces les moins évoluées (dont je fais partie) erre à pied dans le vide, annoncé intersidéral, des transports en communs. Résultat, on est des milliers à se grumeler devant les bornes de vélibs pour aller au boulib. Ca sent le pavé, l’émeute à fleur de bitume, le métro bondé. Nos biles par toutes fistules… On aura bien droit aux sévices publics… Promis ! Et pas qu’au minimum… Déséquilib de vélibs (vivement les pédalibs sur la Seine)… Ballades à cors et à cris ! Le pied ! Alors une fois n’est pas coutume, j’aurais bien aimé que le capitaine (Sar)Kirk se fasse téléporter devant l’objectif de la une ou sur toute autre chaîne de son choix… Qu’il nous explique la mirobolante portée de sa « loi sur le service minimum », ce qui va changer le 1er janvier prochain, concrètement, pour les couillons qui se trimbalent encore sans escorte de limousines et foison de motards. C’est là qu’on devrait le voir, l’ancien ministre de la communication. Qu’il nous rassure que c’est bien le dernier cataclysme, en octobre… La dernière séance, comme disait Eddy. Sans nous prendre évidemment pour la moitié… d’un Klingon.
 
A moins, évidemment, que j’aie pas tout compris… Qu’au Grenelle de l’environnement, une haute autorité fraîchement constituée n’ait décidé de lutter contre l’effet de serre (vices)… Avec une petite journée citoyenne, pile poil le 18 octobre. Histoire d’enquiquiner l’usager de régies autonomes en l’envoyant trimarder, goguenard ou grognon, le long des voies publiques. Histoire aussi de redonner le goût de bouchon aux automobilistes, l’amertume de fond de baril à 86 dollars et bientôt 100. Que se charreter devienne un luxe. Un impôt somptuaire, pas moins ! Qu’on amasse un petit grumeau de rancoeur contre le bureau des autobus et ses bénéficiaires de régimes spéciaux. Le tout bien médiatisé, ça peut servir pour plus tard. C’est tout bénef pour la politique volontariste de « not’président pour 10 ans »… Ah le secret fripon ! Ben voyons ! Moi j’en aurais bien une de suggestion pour l’environnement. Une modeste, petite flûte, à mon niveau… Qu’on construise une éolienne sur le toit de l’Elysée. Avec ce qu’on brasse comme air en dessous, ça devrait suffire à alimenter le quartier en électricité pour l’année.
 
Laissons le temps au taon qu’on nous assène depuis 5 mois… Je veux bien, mais à force ça finit par faire mal. Alors, quoi faire ? Une marche silencieuse entre mon domicile et le boulot jeudi ? Brûler un cierge à Sainte Roselyne ? Merci bien. Echanger ma carte orange contre celle du parti (j’ai oublié son nom) de M Hollande ou celle du Modem (là c’est le nom du dirigeant qui m’échappe) ? Tiens ils sont où ceux là ? Ils s’occupent à dénoncer les tests ADN, les mises en exam ADD (Santini) et le scandale EADS (un précédent billet sur Airbus). Les medias eux, tirent sur le couple présidentiel. A boulets roses… Tout de même… 6 mois que ça dure cette histoire. Plus long que le temps de monter une maison de passe au Vatican. Quant à nos intellectuels, ils pétitionnent contre la junte Myan-Miam (un précédent billet sur Total). Mince ! Dire que je suis parti tout ce temps et que rien n’a changé.
 
J’en finis par me demander : et si tout ça n’était que brillante mise en scène gesticulatoire, absolues mimiques sur fond de « bonne » info, filtrée, surfine fleur de media, autorisée par Nicolas et son équipe ? Encouragée même… Qu’on puisse pas dire que la presse est aux ordres. Et que l’opposition existe plus... Dépecée par grappes entières ralliées au gouvernement, et le reste de moignons encore sanglants à s’étriper impeccablement.
La preuve ! Voyez comme on lui fait encore bien des misères au Nicolas… Lui qui travaille tant pour not’bien. Des chicanes politiques, toujours plus mesquines, des embarras cosmiques, des trois, cinq, cent fois plus tatillonnes tracasseries. Poudre aux yeux ? Bah ! On finira bien par les rouvrir… Un jour.
 
 
Sources : Sur l’incident à l’ONU, lire l’article de Matthew Russell Lee, qui anime un site consacré à l’actualité de l’ONU. Et pour le 18 octobre, bonne chance.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
Je pense que c'est de la berlue-sconite aigue, mais en Italie ça n'a pas duré éternellement.<br />  <br /> <br /> Ce qui me gêne en ce moment c'est les réformes entreprises tout azimut, rapidement ; est ce que ça existe le vite fait bien fait ?<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> Aussi non, bienvenue au "nauffragé volontaire"<br />  Peut –être aurait on pu savourer la bouteille entre argonautes ?<br />  <br /> <br /> Enfin, pour cette fois tu es pardonné, car après un si long silence, tu avais soudain hâte d’envoyer un message ou de dire qu’un bateau t’avait  « délivré » de ton île - J<br />  <br /> <br /> Bises   J<br />  <br /> <br /> <br />  <br />
Répondre
A
Bonjour J,<br /> Entre argonautes et avant de trouver la toison d'or, rien de tel qu'un amour en Colchide et une bonne bouteille de vin.